Laver les masques chirurgicaux ? Attention aux paradoxes

Par Guillaume Promé Le 11 novembre 2020 Coronavirus pas de commentaire

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L’UFC que choisir appelle à laver les masques chirurgicaux utilisés par le grand public en contexte coronavirus, une initiative qui soulève quatre paradoxes, ce qui est pire que la moyenne des histoires de voyage dans le temps.

Notez que, techniquement, laver un masque chirurgical est tout à fait justifiable, laver (ou plutôt stériliser) les masques jetables était d’ailleurs l’une des premières pistes lors de la crise de mars, c’est l’aspect réglementaire qui est regardé dans cet article.

1. Le paradoxe du masque sanitaire non-médical

Des masques chirurgicaux pour un usage non médical

Où un masque médical est utilisé à des fins non-médicales, bien que tout à fait médicales.

Ce paradoxe est né avec la crise covid et est d’une persistance étonnante.

2. Le paradoxe du dispositif à usage unique réutilisé

Contrairement aux consignes officielles, la réutilisation des masques chirurgicaux pour un usage non médical est donc envisageable

Où l’UFC que choisir appelle à créer 60M d’organismes de retraitement des DM à usage unique.

En effet, les masques chirurgicaux sont des dispositifs médicaux à usage unique, il n’en a pas toujours été ainsi : c’est l’ère du tout jetable qui a conduit à cette situation, pour faciliter l’intendance dans les hôpitaux.

Le nouveau règlement sur les dispositifs médicaux prévoit dans son article 17 le cas du retraitement des dispositifs médicaux à usage unique.

Ce retraitement doit être autorisé à l’échelle d’un pays par son autorité compétente, hors l’ANSM s’y est opposé, c’est interdit en France.

Mais ce paradoxe sera écarté en utilisant le premier : le masque non-sanitaire n’est pas médical, le règlement ne s’applique pas.

3. Le paradoxe du référentiel hors référentiel

Même en ayant subi plusieurs cycles de lavage, ils sont bien au-dessus des exigences minimales des masques en tissu portant la garantie filtration officielle* Afnor/DGA qui nous ont servi de référence

Où un masque non-médical destiné à un usage covid sert de référence pour tester à un masque médical destiné à un usage non-covid.

(*: l’ANFOR ne garantit rien et n’a rien d’officiel : elle a fait une spécification de masque en mars et elle vend des normes. La DGA ne garantit rien non plus : elle teste des masques et prépare l’avenir de la défense française)

4. Le paradoxe de l’écolo-pollueur

Pour l’environnement, la réutilisation est également salutaire, les masques chirurgicaux étant constitués de plastiques non recyclables.

Où utiliser un combo lave-linge +  sèche-linge + fer à repasser présente un meilleur bilan écologique que de racheter une boite de 50, cela mérite une analyse des risques écologiques.

Source : Que choisir

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