Respirateurs et covid-19 : la France ne manque pas d’air

27 août 2020 Coronavirus 4 commentaires

Suivi de la gestion des stocks de respirateurs pour les hôpitaux français, en réponse à la crise covid.

Résumé de l’épisode précédent

Avec ses 6’000 (selon le premier ministre) à 12’000 respirateurs (selon le ministère de la santé), la France risquait de ne pas pouvoir ventiler tous les patients covid admis en réanimation (services qui commençaient à sérieusement saturer au plus fort de la première vague).

Fin mars, soit un mois après que cela ne soit trop tard, des commandes de respirateurs sont passées, des projets de solutions alternatives sont lancés.

L’état des tas de commandes d’État

D’après le rapport de la mission d’information sur la crise covid, les commandes – pour plus de 60M€ –  sont les suivantes :

FABRICANT MODÈLE Q TARIF
Air Liquide (FR) Monnal T75 117 1’710’000 €
Monnal T60 907 10’090’000 €
Osiris 3 8’500 35’190’000 €
GE Healthcare (US) Carescape R860 50 1’200’000 €
MICE Group Evone (NL) 15 851’000 €
Beijing Aeonmed (CH)  (via LVMH) VG70 161 NR
Shangrila 510S 100 NR
Draeger (DE) Savina 300 150 2’650’000 €
Philips (NL) V60 80 1’120’000 €
Seewon tech (KOR) (via L’Oréal) SiriusMed 30 et 50 61 3’910’000 €
Σ 10’141 DM 56’720’000 € + NR €

La France pèse pour 84% des dispositifs / 82% du budget avec le matériel air liquide.

Malheureusement, le modèle Osiris n’est pas adapté aux patients covid, c’est pourtant 62% du montant de la facture.

Restent 1’641 respirateurs potentiellement utiles (je ne les connais pas), pour plus de 60M€, 36k€ le respirateur, plus que le PIB/habitant.

Une bonne nouvelle toutefois : pour son 1ᵉʳ semestre 2020 air liquide connait une forte résistance du chiffre d’affaires et une augmentation significative de la marge.

Autre bonne nouvelle, L’Oréal et LVMH sont des experts en négoce de DM, ils nous en ont trouvé 222, en Chine et en Corée.

Le point sur les makers

Le collectif makair qui fédère, dans le désordre : le CEA, le CHU de Nantes, l’Université de Nantes, le Laurent Wauquiez, la Région Auvergne Rhône-Alpes, la Région Pays de Loire, Nantes Métropole, la DGE, AID, SFMC, Tronico, Parrot, STMicroelectronics, Diabeloop, Maatel, le Groupe Renault (pas le chanteur : les bagnoles), Michelin (pas le guide : les pneus), Legrand (pas le petit : Legrand), Groupe SEB (c’est bien ?), Elpack Pharel, Pierre Pezet, le CHRU de Brest, le CHU de Grenoble, L’école du design, l’IUT de Nantes, Centrale Nantes, Clinatec, Polytech Nantes, Le Hellfest de Clisson, le labo LS2N, Innovation Plasturgie Composites, Georges Pernoud, Zedes, Seco Industries, la Fédération de la Plasturgie et des Composites, DPH International, Moules Soufflage Injection, Clever Cloud, Crisp, RTSys, Jabby Technologies, SenX, QBMaker, MD101 Consulting (coucou les copains), Sleepinnov, Le Palace, Dici Design, Cooprint, Pierre Pezet (ça fait deux fois qu’il est listé, fichtre), Iliad, Altran, Oxygen RP, ASI, Semtech, Farnell, l’Association Ping (dissociée de Pong), Extia, Aptatio, Safran, HP, Algolinked, SKF et la CIC Ouest.

a lancé un projet open-source-imprimé-3D-remote-économie-circulaire-over-the-cloud pour sauver nos patients de l’incompétence de nos industriels du DM.

Au bilan :

  • [secret]€ pour faire du vent maker de l’air
  • Un “Good vibes with Quentin : entrepreneur spécialiste Cloud Computing
  • Une conf. TEDx “Intelligence collective en situation d’urgence sanitaire
  • Une conf. pas TEDx “Le remote comme modèle de management”
  • L’abandon du projet [Edit 29/08/2020, Merci Quentin] Chronologie du projet :
    • 17 mars démarrage du projet
    • 3 avril premier test pré clinique sur animal conduit et couronné de succès sur MakAir v1
    • 8 avril mise en place de la ligne pilote industrielle sur MakAir v1
    • 9 avril dépôt du dossier d’essais cliniques MakAir v1 auprès de l’ansm
    • 29 avril finalisation de MakAir v2
    • courant Mai : transfert industriel en direction de SEB
    • 15 mai finalisation de la MakAir v3 et de sa documentation
    • 9 juin Accord ANSM des essais cliniques v1
    • 4 Juillet finalisation MakAir v4
    • 20 juillet démarrage des essais cliniques promus par le CHU de Nantes à Brest
    • 21 juillet démarrage des essais cliniques sur Nantes
    • 23 juillet fin des essais cliniques avec succès sur les deux centres
    • 7 août soumission de la documentation v3 pour essais clinique de phase 2 auprès de l’ansm et travaux en cours sur v5
À l’image des masques barrières afnor, ce projet a un sens en temps d’urgence sanitaire et de pénurie, mais 5 mois plus tard les solutions alternatives ne sont plus justifiables.

Conclusion

De mauvais choix qui fédèrent de grands acteurs pour des actions inutiles, c’est peut être ça, la santé à la Française.