ISO 10993-3:2026 : les principaux changements
La nouvelle édition d’ISO 10993-3:2026, publiée en août 2026, porte sur l’évaluation de la génotoxicité, de la cancérogénicité, de la toxicité pour la reproduction et, désormais explicitement, de la toxicité du développement.
Avec cette révision les essais biologiques ne doivent pas être commandés par automatisme, l’évaluation doit d’abord reposer sur la caractérisation chimique du dispositif et une évaluation toxicologique du risque (TRA), conformément à ISO 10993-18 et ISO 10993-17.
Évaluer avant de tester
La caractérisation chimique selon ISO 10993-18 et l’évaluation toxicologique du risque selon ISO 10993-17 deviennent le point de départ. Si l’exposition aux constituants identifiés est acceptable, aucun essai complémentaire n’est nécessaire pour le risque concerné.
En revanche, toute décision de ne pas réaliser un essai, comme toute décision d’en réaliser un in vivo, doit être justifiée. Une simple phrase du type « test non applicable » ne suffira plus.
L’évaluation doit aussi couvrir les états pertinents du produit : résidus de fabrication, produits de dégradation, débris d’usure, matériaux résorbables et produits polymérisant in situ.
Génotoxicité : l’in vitro est la règle, l’in vivo l’exception
Lorsqu’un essai est nécessaire, la batterie comprend un test de mutation bactérienne selon l’OCDE 471 et un essai sur cellules de mammifères selon l’OCDE 473, 487 ou 490.
Les essais in vivo ne font plus partie de la batterie recommandée. Ils restent réservés à des situations particulières, par exemple pour certains nanomatériaux, particules ou questions de toxicocinétique. Il faut alors démontrer que l’échantillon atteint bien le tissu cible : un résultat négatif sans exposition démontrée ne prouve rien.
La norme demande également une analyse ciblée pour les substances génotoxiques mal détectées par les screenings non ciblés, telles que le formaldéhyde ou le glutaraldéhyde.
Cancérogénicité et DART : des essais animaux moins automatiques
Pour la cancérogénicité, les études animales longues sont clairement une solution de dernier recours. La norme privilégie l’identification des constituants, l’estimation de l’exposition et l’évaluation toxicologique.
La toxicité pour la reproduction et le développement est désormais explicitement couverte. Une attention particulière est attendue pour les dispositifs en contact avec les organes reproducteurs, gamètes, embryons ou fœtus, les dispositifs destinés aux jeunes enfants, les matériaux résorbables et les substances reprotoxiques ou perturbatrices endocriniennes.
Les études DART classiques étant peu adaptées aux mélanges complexes tels que les extraits de dispositifs, l’approche la plus utile consiste d’abord à évaluer les substances identifiées et leur exposition réelle.
Ce que les fabricants doivent faire
- Revoir le plan d’évaluation biologique et les justifications d’essais ou de dispenses.
- Vérifier la cohérence entre caractérisation chimique, TRA, gestion des risques et usage clinique réel.
- Examiner les résidus, produits de dégradation, particules et débris d’usure.
- Mettre à jour les cahiers des charges laboratoires sur la préparation des extraits, les véhicules, les particules et la stabilité des échantillons.
- Prioriser une analyse d’écart pour les implants, matériaux nouveaux ou résorbables, dispositifs à relargage prolongé, nanomatériaux et dispositifs destinés aux populations sensibles.
À retenir
L’ISO 10993-3:2026 ne remplace pas la rigueur par la simplification. Elle écarte surtout les essais réalisés par automatisme. Le dossier doit relier clairement : dispositif → constituants → exposition → danger → risque → maîtrise du risque. Si cette chaîne est solide, un essai inutile n’améliore pas la sécurité du patient. Il alourdit seulement le dossier.
